Jacques Joseph FAYE est né il y a  soixante quatre ans à Gorée, ile chargée d'histoire, à laquelle il a toujours été viscéralement attaché. Ceci explique sa subjectivité toute singulière, propre aux insulaires, sa volonté irrésistible de toujours défendre une barricade, quoi qu'il en coûte. Ecole communale de Gorée, Lycée Van Vollenhoven, à l'époque creuset d'excellence, Université François Rabelais de Tours où il obtient sa Maîtrise de sociologie en 1971.

Puis, Jacques Faye est rentré au Sénégal. Il a travaillé tout d'abord, jeune sociologue, à l'Office des Habitations à Loyer Modérés, l'OHLM, sur le grand projet des Parcelles Assainies. Son intransigeance pour faire respecter l'option fondatrice de ce projet, permettre aux plus déshérités d'accéder au logement, son refus des passe droits lui ont valu d'être remercié.

Il opta alors pour la recherche qui lui semblait plus en adéquation avec sa liberté d'esprit. Il entre donc à l'Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISBA) au centre de Kaolack comme chef du projet « Régime foncier ».

De 1977 à 1980, il prend la responsabilité du Projet Unités Expérimentales puis devient directeur du Secteur Centre Sud de l'ISRA. Il rédige alors sa thèse en géographie tropicale qu'il soutient en 1982 à l'Université Paris X Nanterre.

Sa célèbre thèse « Régime foncier traditionnel et réforme foncière au Sénégal. Expériences de remembrement et d'aménagement, propositions d'application de la loi sur le domaine national », a largement contribué au succès des Unités Expérimentales, fruits de longs et passionnants travaux pluridisciplinaires fondés sur l'approche système. Elle a fait la notoriété dans Ia communauté scientifique des villages de Thisse Kaymor, de Koumbidia et de Sonkorong.

En 1982, il est nommé directeur du département des recherches sur les systèmes de production et transfert de technologies en milieu rural, et maintient son activité de chef du bureau d'analyse macro-économiques.

Après un passage à Ouagadougou de 1987 à 1991, où il coordonne le RESPAO Réseau d'Etudes sur les Systèmes de Production en Afrique de l'Ouest sous l'égide de l'OUA, il entre au CIRAD en tant que sociologue rural, spécialiste du foncier et de la gestion des ressources naturelles, de l992 à 1995, il occupe la fonction de directeur scientifique du département Systèmes Agroalimentaires et Ruraux (SAR).

En 1995, il est nommé directeur général de l'ISRA, puis revient au CIRAD en 1997 en tant que sociologue des organisations paysannes.

En 2000, il préfère rentrer au Sénégal et contribuer au développement rural équitable en apportant son expertise et ses conseils sur les réformes foncières, la loi d'orientation agricole, la structuration du monde rural, les analyses de prospective et de stratégie du secteur agricole et rural au service des organisations rurales. Il deviendra un des conseillers du Conseil National de Concertation et de Coordination des Ruraux (CNCR).

En 2006 avec quelques collègues et institutions (DAPS, ENDA GRAF, ISRA et CNCR) appuyés par le Bureau d'appui de Ia Coopération Sénégalo Suisse, il jette les fondements de l'IPAR dans laquelle il va se jeter à corps perdu, avec la passion et l'engagement qui sont sa marque de fabrique.

Extrait du discours de M. Ahmed Bachir Diop, directeur de la SODEFITEX, ancien PCA de l'IPAR à l'occasion du rappel à Dieu de Jacques Faye.